Mémoires d'un micheton à Pattaya

[crédit photo: jan-clod]

ANOTHER CRACKDOWN TO BEGIN IN JANUARY

"Pattaya's reputation salvaging committee" set up to attack social ills

[Pattaya Mail VOL.IX No.51 FRIDAY 21 DECEMBER-27 DECEMBER 2001]

 

EXPLICATION DE TEXTE
Crackdown
/ noun mesure f sévère (on contre); Ex: the police crackdown on drug-dealing => les mesures sévères prises par la police contre le trafic des stupéfiants. (Hachette-Oxford Dictionary 1994-96)

Moi j'aurais dit "le trafic de stupéfiants", mais il est vrai qu'on disait "la traite des blanches"... Putain (sic), d'après le Petit Robert (un de mes meilleurs potes) ça remonterait à ce bon vieux Victor: "(1846) Traite des blanches: délit consistant à entraîner ou détourner des femmes en vue de la prostitution. «La traite des nègres nous émeut à bon droit [!] Mais sachons mettre à nu aussi un autre ulcère [!] la traite des blanches» (Hugo). Moi qui croyais que cela datait des années soixante!! (J'étais ado...).

Ne pas confondre avec mulsion [] n. f. •1855; latin mulsio, de mulgere «traire» Didact. Traite d'un animal domestique.

 

Bref, ce n'est pas ce qui me préoccupe, même s'il s'agit toujours de mammifères... Il se passe depuis quelques temps des choses à Pattaya qui me soulèvent le cœur: il y a [déjà] une bonne semaine, je m'introduis (sic) dans le XXXBar, choisis (d'instinct) une partenaire et me dirige vers la porte du fond muan deum (comme d'hab) pour accéder au 1er l'étage (qui se transforme souvent en 7ème ciel) mais mon petit ange brun me remet sur le droit chemin et nous fait sortir dans la rue où elle décadenasse la porte attenante au bar et donnant sur un couloir qui le contourne et mène à l'escalier (... le meilleur moment, pour certains) qui démarre donc sa volée de marches derrière cette bonne vieille porte du fond désormais condamnée. 

Je me dis, en mon for intérieur (n. m. •1235; «loi, coutume» en ancien gascon; latin forum «place publique», «tribunal»), que tous les chemins mènent à Rome (j'ai des références en histoire-géo) et même: qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse, car je connais mes classiques. 

A partir de là, nous observons rigoureusement toutes les procédures standard et ce petit vol de nuit se passe merveilleusement. Mais au bout d'une heure de figures acrobatiques et de piqués vertigineux, mon adorable hôtesse me rappelle qu'il faudrait songer à atterrir car l'on craint, sous ces latitudes et aux alentours de ce créneau horaire, l'arrivée impromptue d'une escouade/escadre de poulets qui sévissent dans les parages depuis le début de la croisade contre le vice (ha ha ha) menée par le ministre de l'intérieur (qui, me dit-on par ailleurs, doit démissionner en mars? Mais je n'ai pas compris si c'est de son poste ou simplement de son parti).

 

Re-bref, une fois revenu sur la terre ferme, j'enfourche mon destrier (de race nipponne) pour remonter la Soi XYZ, en sens interdit muan deum (voir plus haut), et que vois-je effectivement, à quelques encablures (n. f. •1758; de en- et câble Ancienne mesure de longueur utilisée pour les câbles des ancres, pour l'estimation des petites distances, qui valait environ 200 m), deux flics en uniforme et un troisième en plain-clothes avec son portable collé à l'oreille, pas du tout concernés par mon infraction au code de la circulation mais manifestement en train de préparer une visite de routine dans ces lieux de perdition (où j'adore... me retrouver!!). La petite ne mentait pas et n'avait donc pas utilisé ce prétexte pour se débarrasser d'un client un peu longuet...

 

Mais cela s'est encore aggravé, et le pire est peut-être à venir: il y a deux jours, vers les song thum (20h), j'étais au logis, partagé (déchiré!!) entre l'envie furieuse (irrépressible!!) de me brancher une âme câline in situ (loc. adv. •1842; mots latin «en place» Didact. Dans son milieu naturel. Plante étudiée in situ) et le besoin confortablement casanier de sacrifier aux dieux lares (plutôt qu'à Vénus). 

Je choisis de consulter un oracle et entamai pour ce faire une partie de Solitaire (sic), me disant, deux points ouvrez les guillemets, si je la perds, je reste au foyer, et si je gagne, je sors courir la gueuse. Je perdis ainsi plusieurs parties en considérant arbitrairement que cela ne comptait pas. Lorsque je gagnai enfin, je décidai de sortir en toute mauvaise foi (et ayant bu ma honte) mais la suite me démontra, après que j'eusse, il est vrai, essuyé et subi des vents contraires, qu'il ne faut pas tenir compte de ces mauvais augures, õ que non!

 

Je me rendis d'abord au ZZZBar (et ses jolies goulues) où j'ai des accointances: Machin m'apprit que quelques jours auparavant les flics avaient embarqué 5 de ses filles et qu'il avait dû payer une amende de 500 bahts par tête pour les faire sortir. Mais le plus catastrophique pour moi, c'était que la chambre de passes (entendez: ma suite présidentielle) était interdite d'accès.

 

L'hideuse vision d'une crise de manque me glaça les os jusqu'à la moelle: qu'allais-je donc devenir sans mes pirouettes sur l'oreiller?! Je filai dare-dare voir Trucmuche dans son YYYBar: il m'expliqua que les autorités lui avaient demandé de modifier son enseigne (supprimer, entre autres, Chambres à la nuit, Guesthouse...) et qu'une descente massive des flics de Bangkok était prévue pour le 15 janvier...

 

Il aurait bien voulu que je monte discrètement avec une de ses pouliches mais il se trouve qu'elles étaient toutes en train de caracoler avec des touristes [forcément] de passage (cette sale engeance qui vient nous piquer nos femelles!!). C'est à ce moment que je me suis dit in petto (loc. adv. •1666; mots italiens «dans la poitrine» Littér. ou plaisant Dans le secret du cœur, à part soi.) que j'aurais peut-être dû écouter mon oracle électronique.

 

J'étais effondré mais n'allais pas me rendre sans combattre. N'étant plus à un échec près, je me [trans] portais lestement (...) sur un autre point de la ligne de front, la Soi XYZ aux accents si familiers (welcome, sexy man!!). Au XXXBar, je repérai tout de suite un petit ange-lot avec des mirettes affolantes. "Pai khang bon" (on monte?) que je lui déclare tout de go. "Drink something?". Elle avait l'air embêtée. 

"Mai tchaï, pai khang bon diao-nee lœil" (non, allons-y de suite). Alors elle m'explique qu'on ne peut plus monter à cause des nouvelles mesures (là, j'ai frôlé la syncope foudroyante), mais qu'on doit aller dans un hôtel proche, sans supplément de charges. Ca y est je ressuscite, con, alléluia, gloire à Dieu au plus haut des cieux (et qu'il nous laisse forniquer sans plus de contraintes, ce bougre de salopard!).

 

È, qu'elle s'appelle, 23 ans. Une douceur qui te met les nerfs à fleur de peau. D'abord elle te butine de partout avec ses lèvres, sa langue, ses dents, et ses doigts, sa poitrine, son ventre... On dirait un essaim d'abeilles qui te harcèle langoureusement. 

Pour ne pas lui laisser croire qu'elle avait le monopole des préliminaires, je me suis longuement rassasié du miel de ses différentes alvéoles cependant qu'elle délirait ouvertement (sic) en laissant échapper un curieux mais délicieux babil, une approbation chantée (ou plutôt chuchotée) a capella (a cappella [akapela] loc. adj. et loc. adv. VAR. a capella •1863; italien «à chapelle» Mus. Sans accompagnement d'instruments) que je pris, dans ma naïve fierté de mâle, pour un encouragement implicite et en tous cas fort gratifiant. Cette petite escarmouche se termina dans une apothéose qui nous laissa tous deux pantelants et ivres de reconnaissance mutuelle.

Moralité (sic): il ne faut pas laisser son sort dépendre d'une distribution aléatoire de cartes virtuelles!! J'en ai fait je crois, et pour ma part, la merveilleuse expérience et la démonstration irréfutable...

 

J'ajouterai aussi que, au lieu d'interdire les chambres à short-time, cet enfoiré de ministre de l'intérieur et tous ses sbires corrompus feraient mieux de fermer les karaokés (qui méritent vraiment le nom de beuglants) du genre de celui qui s'est installé derrière chez moi et qui me casse les oreilles (ainsi que celles de mes nombreux voisins) toutes les nuits j'usqu'à 5 ou 6h du matin. Mais on me dit que ce type d'établissement est financé (et donc protégé) par des flics! Paraît qu'en Thaïlande, y'a pas de mafia, y'a la police pour ça...


[crédit photo: jan-clod]

 

Crackdown (suite)

En fait, suivant les secteurs et les bars, il s'agirait de tranches horaires. Aujourd'hui, je suis retourné au XXXBar (avec les goulues) à 18h: mon petit boudoir semble vraiment fermé, pour l'instant...

Vers 19h, je suis allé à la Soi XYZ que j'ai remontée au petit trot (comme à la revue de gala). De la porte d'un bar que je n'avais pas visité depuis belle lurette, une fille m'a appelé par mon prénom. Je me suis approché. La beauté du diable!! Comment ai-je fait pour oublier une sirène pareille! Elle doit avoir un pedigree (n. m. •1828; mot anglais, de l'ancien français. pié de grue «marque formée de trois traits» Extrait du livre généalogique d'un animal de race pure), digne de Barbarella. J'ai dit banco, on y va de suite!! Mais la mamasan, qui se tenait à ses côtés, a brisé net mon élan. "Maintenant, c'est pas possible, on ne peut pas monter dans les chambres, la police veille, reviens demain entre 13h et 18h". Bon, c'est noté, j'y serai.

 

En suivant, j'ai poussé jusqu'au XXXBar où deux jours avant j'avais connu È, et on aurait dit qu'elle m'attendait. J'étais en train de lui dévoiler mes intentions réelles qui étaient d'aller faire quelques courses et de revenir plus tard, lorsqu'elle a planté ses prunelles dans mes yeux, sa langue dans ma bouche et ses ongles dans mon calcif. Quand j'ai réussi à me libérer de ces trois points d'ancrage et à reprendre mon souffle, j'ai hoqueté: "Bon, mais alors la chambre 1, avec la salle de bains, d'accord??". Tok long kha!! D'accord. Nous avons fait le tour par le couloir et en montant l'escalier (le meilleur moment... avant l'extase), elle m'a expliqué qu'il y avait une tolérance jusqu'à 20H (ouf, il était juste 19H) mais qu'après il fallait aller à l'hôtel voisin. Parole, c'est encore mieux, avec le couvre-feu!!


[crédit photo: jan-clod]

 

Le jour suivant (Crackdown, épilogue)

Non seulement l'exactitude est la politesse des rois (phrase* de Louis XVIII, 1755-1824), mais je n'allais pas en plus faire attendre une déesse!! En fait j'étais très émoustillé (•1705; amoustiller 1534; de moustille «moût, vin nouveau », de moust «pétillement du vin» Mettre de bonne humeur, exciter.) par ces éphémères retrouvailles et je ne tenais pas à ce que l'un de ces touristes en goguette passe avant moi. Notre petit tête-à-tête (par moments tête-bêche) se passa comme un rêve. 

Cette nouvelle visite me permit de constater que, comme d'autres établissements, ce bar a dû procéder à d'importants travaux d'aménagement afin de se mettre en conformité avec les nouvelles directives pondues par les brillants cerveaux ministériels, c'est-à dire que, entre autres, la porte qui mène aux chambres doit être séparée et indépendante (donc à l'extérieur) du bar lui-même. Si quelqu'un voit une différence dans le résultat, qu'on me le dise, j'aimerais comprendre. Pour se toucher le nez, on peut soit y porter la main directement, soit passer la main derrière la tète et la ramener sur le devant, c'est un peu plus long mais dans les deux cas l'objectif est atteint!! 

Raymond Vergé

 

* citée par le banquier Jacques Laffitte (1767-1844) dans ses Souvenirs.

A ne pas confondre avec:

"J'ai failli attendre", mots attribués à Louis XIV (1638-1715)

Et

"Ultima ratio regum" (Le dernier argument des rois)

Devise que Louis XIV avait fait graver sur ses canons...


[crédit photo: jan-clod]



27/04/2010
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