Le Coran passe bien à Pattaya

        Géographiquement et idéologiquement très éloignés des provinces séparatistes du Sud, les musulmans de Pattaya forment une communauté bien intégrée et respectée. Le 11 août dernier [2010] a marqué le début du mois sacré du ramadan. Auparavant, on est allé prendre la température...

 

          Il est 6h30 à la mosquée Toatillah (South Pattaya Road). Assis en tailleur sur le glacis de la vérandah, un cuisinier malaisien s’apprête à servir le premier repas de la journée. Quatre fidèles sortent de la salle de prière.

          Ce sont des Pachtouns (aussi appelés Pathans), du Pakistan, quatre gaillards trapus, robustes, vivaces, déterminés, barbus comme il se doit, en hommage au Prophète, avec des pilosités bien drues, portant calot ou turban et des salwar-kameez (pyjamas et tuniques longues).

          L’accueil est chaleureux, avec un sens inné de l’hospitalité. Des Thaïlandais et des Bangladais se joignent à notre petit groupe.

 

          L’invitation au partage se fait tout naturellement. De délicieuses lentilles et un succulent ragout de chèvre, accompagnés de naans (galettes de blé cuites au ‘tandoor’, un four à pain, cylindrique, en terre cuite), de bananes et de thé au lait sucré, à la cardamome. Un banquet matinal ou règne l’amitié virile.

          Les présentations se font en anglais mais on échange aussi quelques mots en ourdou (réminiscences des années baba-cool dans le nord de l’Inde). Dans la conversation, tout est ramené à Allah. Les phrases sont ponctuées de Souban-Allah (gloire à Dieu), Alhamdullillah (Dieu soit loué), Mash’Allah (Dieu soit remercié), et bien sûr Inch’Allah (si Dieu veut)...

 

          Muhammad Javaid Khan est un grand avocat au barreau de Saidu Sharif, chef-lieu du district de Swat, au nord du Pakistan (un ancien bastion des talibans). En montrant le mur qui sépare la mosquée du cimetière, il déclare: « C'est là notre vraie maison, car celle que nous avons ici est provisoire. Un bon vrai musulman rejoint le paradis d'Allah pour l’éternité». Le ton est donné…

 

          Les quatre missionnaires sont en tournée (Chine, Kazakhstan, Thaïlande, …), sur leurs propres deniers (d’après eux, la richesse n’est pas destinée à être amassée, mais à être utilisée, seul l’homme faible attache de l’importance à ses biens et s’en rend dépendant), laissant leurs familles pour prêcher la bonne parole. On appelle cela la «dawat», une invitation… à embrasser l'Islam. A la question « N’êtes-vous pas inquiets pour vos proches restés au Pakistan (dévasté par les inondations)?», la réponse est inévitablement: Inch’Allah!

 

          Après ces agapes ponctuées par moult accolades, on se rapproche de l’imam local pour un entretien en aparté. Hajji Moussa Toha, comme son titre l’indique, a fait quatre fois le pèlerinage à la Mecque (haj). C’est une figure connue et respectée, entre autres raisons parce qu’il a été membre du conseil municipal de Pattaya pendant quatre ans. Il exhale bienveillance et générosité, se prêtant patiemment aux questions du Farang.

 

          Selon lui, il y a une huitaine de mosquées à Pattaya (dont la principale, Darul Ibadah, sur Sukhumvit, jouxte l’église Saint Nikolaus) et environ vingt mille musulmans.

          Comme dans les autres pays d’Asie, ils portent le sarong à carreaux, parfois le keffieh (sur les épaules), la tunique longue, le calot, la barbichette ou le collier de barbe, pour se distinguer malgré une discrétion… affichée. La plupart sont des sunnites (i.e. qui se conforment à la «sunna» ou loi, règle traditionnelle».

 

[l'imam, plus jeune - assis, au centre - avec le maire de l'époque, Khun Pairat]

(crédit photo: Pattaya Mail)

          Les relations entre musulmans et bouddhistes à Pattaya sont excellentes. Pour preuve, ils célèbrent l’anniversaire du roi tous les ans avec des cadres de la municipalité et chantent l’hymne national thaïlandais.

 

          Dans sa mosquée, il y a une vingtaine de fidèles qui viennent tous les jours à chaque prière (au nombre de cinq, réparties entre la fin et le début de la nuit), mais le vendredi [jour saint de l'islam], on compte jusqu’à deux cents personnes, non seulement des Thaïlandais mais aussi des «mou-minn» (croyants) venant de tous les pays (Moyen-Orient, Malaisie, Indonésie, Singapour, Inde, Iran, Pakistan, Birmanie, Bangladesh, France, Angleterre…).

 

          Son frère tient le très réputé «Amir Halal Foods» restaurant attenant à la mosquée. Deux de ses fils sont étudiants à l’université de Johannesburg (Afrique du Sud) et son école coranique (Islam Toatillah School) accueille les élèves en fin d’après-midi, du lundi au vendredi. Il confirme que le devoir de tout musulman est d'expliquer et de présenter sa religion aux non-croyants (kafirs).

 

          Ce que répète Asif en souriant et s’asseyant aux pieds du maître. C’est un Anglo-pakistanais producteur de crevettes, rencontré maintes fois à la salle de fitness et qui se révèle être un prosélyte confirmé et intarissable. Il rappelle qu’en arabe, Coran veut dire « la lecture par excellence!».

 

          Cédric, un Français, de père italien et de mère bretonne, converti et devenu Siddiq, portant calot et sarong, regrette la présence de tous ces renégats venus jeter leur gourme dans le quartier arabe de Pattaya, fumant le narguilé aux côtés de Thaïlandaises plantureuses, même pendant le ramadan...

 

          L’entretien est interrompu de façon plutôt cocasse par les quatre Pakistanais qui se présentent avec des cadeaux: un chapelet de grains en bois odoriférant, un calot blanc-cassé brodé made in China, une mignonnette de parfum sans alcool, une brosse à dents en bois d’arbre made in Lahore, et une longue tunique blanche que l’on se doit d’enfiler avant de réciter la profession de foi (la-illa-illila muhammad al rasool, il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah et Mohamed est son prophète).

 

          Et voici notre «firanghi» (étranger) habillé pour l'hiver avec toute la panoplie. «Maintenant tu es Abdoul-Rahman et tu n’as plus qu’à te laisser pousser la barbe pour être un vrai musulman». Sûr, le temps d’écrire l’article…

Raymond Vergé

COMPLÉMENT PHOTOS

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TOATILLAH MASJID
[La seule mosquée entre Beach Road et Sukhumvit,
les autres se trouvant sur Sukhumvit ou au-delà:
Soï Neun-Phlap-Wan et Siam Country Club Road]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les femmes ont leur lieu de prière [et leurs toilettes] séparé(s).  

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DARUL IBADAH MASJID (mosquée)

[Sukhumvit, Pattaya klang]

 

 

La mosquée Darul Ibadah, sur Sukhumvit, jouxte l’église Saint Nikolaus

 Certification au registre nº34 de la ville de Pattaya,

Bureau des relations avec l'Islam, sous patronage royal.

[Centre de développement des enfants - Mosquée Darul Ibadah]

 

 

[Vue de la cour de l'église Saint Nikolaus]

[Vue du clocher de l'église Saint Nikolaus]

 

Comme dans les autres pays d’Asie, ils portent le sarong à carreaux, le calot... pour se distinguer malgré une discrétion… affichée. La plupart sont des sunnites (i.e. qui se conforment à la «sunna» ou loi, règle traditionnelle».

 Un monsieur très sympa. Lui aussi "exhale bienveillance et générosité,
se prêtant patiemment aux questions du Farang."

 

 

 

[L'heure bleue]

 

[Vue - nocturne -de la cour de l'église Saint Nikolaus]
N'oubliez pas: chacun doit porter sa croix...

 Nocturne islamo-pattayen


[Calligraphie mahométanne] 

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 ANUARI-SUNNAH MASJID

 

 

 

 

 

 

[Institut religieux Anuari-Sunnah]

 

 

[Association pour le développement de l'Islam
Institut religieux Anuari-Sunnah]

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 DARULAUBAROR MASJID

  

 

 

 

 

 

 

Date d’obtention de la licence: année 2000

Centre de formation à la religion et à l’éthique islamiques - Mosquée Darulaubaror

Moo 5 - Tambon Nongpreue - Ampheu Banglamoung - Pattaya - Chonburi

[Sourires complices]

 Dattes séchées [et... branchées!]

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 HIDAYA TOUSESALIKEEN MASJID

[SUKHUMVIT - NAKLUA]

 

 

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 NOO-RULE-YAKEEN MASJID

[Soi Neun-Phlap-Wan]

 

 

 

 

 

 

 

[Nuruddin: la lumière de la foi]

 

 

 [Allah]

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 SHEIKH MUHAMAD ALI MASJID
[Soi Siam Country Club]

 

 

Les fils électriques font [malheureusement] partie du paysage 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LUMINEUSES MUSULMANES DE PATTAYA


 

 

 

 Y'a bon les samosas !

 Dattes séchées, excellentes.

 Un sourire comme ça vous réconcilie avec l'humanité [toute entière]...

Quasiment du voile fluo: ça en jette, non?

 Un sourire comme ça...

Elles sont trop mignonnes 

 Même en Belphégor, elles sont sympa... 

 

  

 

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QUARTIER "MUSLIM" DE PATTAYA 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 RESTAURANT ''HALAL''

VIAGRA, CIALIS ''HALAL'' 

 

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DENTIFIRICE "HALAL"


voulant dire: Bureau du Comité central islamique de Thaïlande

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AÉROPORT DE BANGKOK

 

 



21/09/2010
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