De courts instants avec Parinya

           Pattaya, mi-novembre 2004. Le lendemain de mon retour de Mumbai/Bombay, vers 17h, Parinya m'envoya un SMS (texto) pour me demander si je pouvais venir la 'cueillir' à la gare routière. Elle m'avait prévenu au moment de mon départ (5 jours auparavant) qu'elle irait dans sa famille (Bangkok, Khon Kaen…) passer les 2 jours de congés mensuels auxquels elle avait droit de par son statut d'hôtesse de bar. Je lui ai demandé 'Ki mong ' (à quelle heure ?). Elle m'a répondu, toujours par texto, 'Diaonee leuy ' (Maintenant!). J'étais seul chez moi. Ma femme ne rentrerait du 'talat nat ' (marché bi-hebdomadaire) qu'après 19h. Comme souvent, sa fille était partie jouer au cybercafé avec les copines.

          Je réalisai que le fait de retrouver Parinya en dehors de son contexte professionnel (i.e. le bar) me mettait presque dans un état second. Cela s'était déjà produit à quelques reprises, notamment lorsque je l'avais amenée sur l'île de Koh Sichang pour une escapade de 24h. J'aimais la voir à la lumière du jour, habillée d'un jean et d'un t-shirt un peu amples, avec ses allures de garçonne, plutôt que sous le feu blafard des spots électriques et dans une petite robe moulante qui laissait deviner ses formes rebondies. Soit dit en passant, j'adorais me repaître de sa somptueuse poitrine mais elle semblait gênée d'avoir des pectoraux hypertrophiés et portait (à… dessein) des soutien-gorge rigides qui les comprimaient un peu.

          Bref, je me suis précipité à la gare de bus. Elle m'attendait, sagement assise sur un banc et m'a lancé son petit sourire entendu qui avait le don de me désarmer instantanément. Je me sentais comme un piètre chevalier venu servir une mystérieuse princesse étrangère.

          Comme je lui demandais si elle voulait que je la dépose au bout de la rue ('paak soï') de son bar, pour éviter que ses collègues ne me voient, elle m'annonça qu'elle n'était pas tenue de rentrer au travail le soir même. Elle partageait une des cinq chambres du bar avec d'autres filles et elle me fit comprendre, en me 'sniffant' promptement la joue, qu'elle pouvait passer la nuit ailleurs.

          Je me trouvai pris au dépourvu, lorsque sa bise fut venue… C'était un scénario que je n'avais pas envisagé. Fallait improviser dare-dare. Saisir l'occasion à pleines mains, comme je le faisais avec ses seins. Un ami français m'avait laissé les clés de son petit appartement, situé dans un quartier voisin du mien. Il m'avait assuré que je pourrais utiliser sa chambre et sa salle de bains. Pourquoi pas maintenant ?!

          Toutefois, l'entreprise était risquée. Il fallait que je fasse un long détour pour éviter de passer trop près de chez moi car des voisines pouvaient me voir, avec une poupée juchée sur la selle de ma moto, et ma femme n'aurait pas apprécié. Mais j'étais dans l'ivresse des retrouvailles et l'idée d'être quelques heures avec Parinya, comme deux amants [fatalement] clandestins, balaya mes dernières hésitations. Connaissant bien la ville, je n'eus aucun mal à suivre un itinéraire bis et nous arrivâmes bientôt à destination, non sans avoir frôlé l'accident à plusieurs reprises, tant j'étais nerveux et pressé de me retrouver au lit avec elle.

 


            Une fois au studio, nous nous rafraîchîmes par une douche rapide et chaste, car la baignoire en forme de cœur ne permettait pas les accolades. Il était malaisé, voire dangereux, de s'y tenir debout à deux. Qu'importe, tout à mon 'affaire', je l'entraînai hâtivement vers le lit.

          Je cru d'abord à une mauvaise blague quand elle commença par se refuser à moi. Elle avait noué sa serviette autour de sa superbe poitrine. Je tentai d'emblée d'arracher ce voile grossier qui me cachait tous les mystères de la création, mais elle s'esquiva en faisant un pas de côté. Agacé et déstabilisé, je restai figé sur place, refusant de rentrer dans son jeu. Elle eut un petit rire moqueur en comprenant qu'il lui suffisait d'un rien pour me tenir la dragée haute, d'autant plus que nous étions sortis du rapport 'client-hôtesse'.

 

       Quand j'allais la voir au bar (en short-time), c'était réglé comme du papier à musique: j'arrivais au comptoir, elle me rejoignait avec ses adorables mimiques, je payais la chambre, nous montions allègrement à l'étage en esquissant un flirt dans l'escalier. Sur le palier, elle appelait la femme de ménage (discrète comme un fantôme) pour la prévenir [en donnant son prénom et le numéro de la chambre, question de cuisine interne], elle m'ouvrait la porte du paradis en chantonnant, puis on se déshabillait prestement en devisant. Parfois je me tenais debout derrière elle et lui dégrafais le balconnet afin de pouvoir recueillir et soupeser, de mes paumes frémissantes et ravies, ses luxueux flotteurs regonflés à l'air libre, tout en respirant sa nuque gracile et aromatisée d'essences forcément exotiques. C'était toujours un nouveau vertige, à la limite de la syncope. Pamoison garantie.
  

          Nous passions ensuite dans la salle de bains où l'on se donnait la douche mutuellement. Les caresses devenaient étreintes. Nous restions souvent de longues minutes, magnétisés et soudés par un baiser suave et capiteux, avant de revenir à nous-mêmes et de nous essuyer le corps pour ensuite nous allonger et nous regarder intensément droit dans les yeux, afin d'y voir le désir affleurer en vagues successives…

 

            Alors que là, comme elle n'était pas 'en service' et que le temps ne comptait pas, elle s'amusait à me tourner le dos pour repousser mes avances maladroites. Je ne voulais surtout pas la brusquer mais je ne pouvais non plus ne pas la toucher. C'est dans ces moments critiques que le mythe du supplice de Tantale prend tout son sens tragique. Des relents de crise de manque revinrent dans un 'flash' hanter mon cerveau perturbé d'ancien héroïnomane. Mais, quand elle eût senti que j'avais atteint le point de rupture, elle se retourna avec un sourire de madone, ouvrant les bras pour m'accorder la rédemption, dans un mouvement [auguste et] ample qui fit glisser la satanée serviette à ses menus petons. J'eus comme une montée de cocaïne qui me titilla le bulbe rachidien, avec un pétillement de champagne frais. Mes glandes lacrymales en furent même légèrement affectées. Le sourire de  Parinya  s'enrichit d'une plus grande tendresse encore lorsqu'elle découvrit ces perles tremblantes accrochées à mes cils.

            Je la portais sur le lit où elle s'abandonna dans une offrande muette, tout en m'observant malicieusement à travers la fente énigmatique de ses paupières mi-closes. Je me retrouvai instinctivement à genoux comme en adoration, le museau sur son petit triangle des Bermudes, là où chaque fois mon esprit chavire et sombre dans les abîmes insondables, aspiré par des tourbillons d'effluves subtils et précieux…

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          Cet aprèm, je suis retourné à son bar pour la 1ère fois depuis mon accident, pour un ''short'' (de près de 2 heures). Jusqu'à présent, je l'avais revue en ''long time'' chez un ami ou à l'hôtel). Elle m'a refait une démonstration de loopings aériens: du très grand art, je n'en suis toujours pas revenu, et d'ailleurs en écrivant ces mots, j'en ai encore la chair de poule…

          A 13h30, je l'ai appelée pour lui dire (un peu comme Henri IV à sa maîtresse ''Ne vous lavez pas, j'arrive'') que j'allais être le premier client de sa journée. Elle a eu un rire savoureux et, déjà, j'étais en transe. [De chez moi] Je me suis retrouvé [directement] en train de passer la porte du bar comme si j'avais usé de la ''téléportation'' (je ne sais si ce terme existe). Tout était magique. Les copines m'ont accueilli comme un membre (sic) de la famille. Y'a même eu quelques vivats pour saluer mon arrivée. Parinya était resplendissante dans sa mini-robe fourreau. Aveuglé par son aura, j'ai reçu une décharge de 100 000 volts (comme Médée voyant Jason la 1ère fois) mais je n'en ai rien laissé paraître. J'ai payé la chambre en plaisantant avec la mama-san. Mais dès (Médée, encore) que nous sommes passés derrière le rideau (qui cache le sas avant l'escalier), nous nous sommes arrêtés une petite seconde pour nous dévorer des yeux avant de nous jeter dans les bras l'un de l'autre.

            Malgré mon handicap, j'ai survolé (comme en apesanteur) la vingtaine de marches jusqu'à l'étage. Tout était magique... Je n'étais pas dans un lupanar, j'évoluais dans la 4ème dimension avec un naturel... extraordinaire. Notre conversation, notre communication, nos deux âmes qui se fréquentent depuis des siècles, la salle de bains, les gestes familiers (mais toujours paradoxalement inédits), la tendresse, la passion, l'intensité du moment, la fulgurance des regards, la douceur des caresses, le bonheur...

            Elle me lave comme personne, sans doute mieux que ma mère (heureusement d'ailleurs!). Et le passage à la douche est déjà un émerveillement en lui-même. On n'en sort pas intact, ou du moins avec une trique monstrueuse. Modus operandi : après m'avoir copieusement arrosé, elle prend du savon liquide dans ses douces menottes et commence par m'en astiquer le jonc qui prend vite une belle allure martiale de bambou conquérant (ou du moins,… belliqueux !). Puis tout y passe, le torse, les aisselles, le dos, le bas du dos…

          Généralement, pendant qu'elle me rince, je mets un genou au sol, un peu pour lui faciliter la tâche (j'ai une tête de plus qu'elle) et aussi beaucoup pour me retrouver nez à nez avec ses ogives, que j'amorce du bout des lèvres, de la langue et des incisives, cependant que mes doigts investiguent et fouillent tous les recoins de sa sainte-barbe.

          C'est moi qui suis prêt à exploser. L'ivresse qui envahit chaque atome de mon corps manque de me faire basculer sur le carrelage. Je suis irradié, inondé, traversé par des rafales de volupté, secoué par des vents cataclysmiques, agité par des soubresauts pré-orgasmiques. S'apercevant de mon trouble, elle rit à belles dents et dépose un baiser rassérénant sur mon front blême. Je me relève en titubant. Elle me congédie un instant pour procéder à sa toilette intime. Elle ne veut pas que je la regarde. Je la quitte à regret en la reluquant par-dessus mon épaule.

        Je vais l'attendre [allongé] sur le lit, en inspirant profondément afin de mieux anticiper et savourer ce qui va suivre. J'en frissonne à l'avance. Elle sort de la douche après des minutes interminables et s'approche du lit en continuant de s'essuyer. Elle sait que ça suffit à [me] mettre la pression. Puis enfin, elle est sur moi et me couvre le visage de baisers feutrés, tout en me fixant du regard. Je suis hypnotisé comme un crapaud [qui bave] devant une fée. Mes mains courent sur son dos, ses flancs, ses hanches. C'est doux, c'est rond, c'est chaud. Je défaille.

          Elle se remonte un peu pour offrir l'opulence de sa poitrine juvénile à ma bouche affamée. La texture et la taille de ses mamelons sont parfaites. Al dente et idéalement calibrés. Une élasticité agrémentée d'un goût de noisette. Seigneur, que ces calices ne s'éloignent pas de moi, je les boirai jusqu'à la lie… Mes doigts se glissent entre ses fesses joufflues. Je la lis comme en braille, recommençant encore et toujours le même paragraphe, chaque fois plus lentement, pour ne rien ignorer, pour ne rien oublier, pour bien comprendre sa géographie. J'exulte.

     Mais il y a mieux encore. Elle entreprend de m'embrasser, calmement, consciencieusement, pour ne pas dire amoureusement. Je suis littéralement suspendu à ses lèvres. En même temps, ses yeux continuent de plonger au plus profond de mon être. Ou est-ce moi qui me perds dans l'océan de son regard ? Sa langue est une nougatine enrobée de miel et de pâte d'amande. Elle se glisse sous ma lèvre supérieure et parcourt mes gencives. Comment [cette déesse] fait-elle pour rouler des pelles pareilles à un mec comme moi ? Je m'interroge mais n'apprécie pas moins ce petit festin.

          Et ce n'est pas fini. Tout d'un coup, elle de détourne de moi pour changer de registre et me prendre goulûment dans sa bouche. Je crie au secours mais elle ne veut rien entendre. Je sens la couronne de mon gland passer et repasser le barrage de ses lèvres serrées, pendant qu'elle me malaxe les gonades. Mais qu'ai-je donc fait pour mériter cela ?

          J'observe un instant son profil de déesse, ses seins lourds qui se balancent, sa croupe relevée qui m'appelle. Je tends la main…

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         Aujourd'hui, après une séance particulièrement intense, nous continuons notre entretien (hygiénique) dans la salle de bains. Elle est accroupie sur le sol, le pommeau de douche à la main, pour procéder à sa toilette vaginale. Puis, elle me tend sa paume couverte de ma substance laiteuse (Il y a longtemps que je ne mets pas de capote avec elle).

-         Tiens, regarde ton sperme, y'en a beaucoup, dis donc ! C'est marrant, chaque homme est différent. Je m'en rends compte quand ils jouissent dans ma bouche, certains ont un sperme salé, d'autres un sperme fade comme de l'eau…

-        Écoute, ça fait cent fois que je te dis que ce que tu fais avec tes clients ne m'intéresse pas, je ne veux pas savoir, épargne-moi tes histoires, s'il te plaît, une fois pour toutes !

-         D'accord, d'accord, bon, c'est très simple, si tu veux que j'arrête de travailler ici, tu me prends en charge, c'est tout''.

-        Ok, tu veux un minimum de combien par mois ?

-         Tu vas gagner combien à Bangkok ?

-         Au début, quarante à cinquante mille bahts, maxi.

-         Bon, tu me donnes tout ton salaire et je t'entretiens, d'accord ?

Je m'esclaffe sans répondre et je pense ''Fortiche, quand même, la gamine''. Et comme d'habitude pour un ''short'', je ne lui ai donné que 500 bahts. Dans l'escalier, en redescendant, elle me dit :

-         Je crois bien que t'es un peu radin, mon chéri !

-         Je le reconnais, mais en plus en ce moment je gagne presque rien, tu gagnes beaucoup plus que moi…

-         Oui, mais tu es un homme, alors tu dois payer…''.

            Voilà qui a le mérite d'être clair. Je lui dis qu'il y a dix ans, je me suis fait entretenir par une Française pendant deux ans, mais ça ne me plaisait pas du tout, je préfère être celui qui paye. Elle m'a dit qu'elle était ravie que je pense comme ça…

            En arrivant dans la chambre, je m'aperçois [pour la première fois depuis que je la connais] qu'elle est maquillée, joliment, irrésistiblement, mais maquillée. Je lui dis que je n'aime pas, qu'elle a l'air d'une adorable petite pute (sophénie). Elle me répond que c'est bien ce qu'elle est et qu'elle assume…

            Plus tard, après la séance, je suis chez moi, je lui envoie un texto du genre : ''Sophénie adorée, je t'aime''. La réponse se fait cinglante: ''Si tu me dis ça encore une fois, ch'ten colle une, ch'te casse la tête !''. Je lui envoie mes excuses les plus plates en lui rappelant qu'elle-même a reconnu être une sophénie. Elle me pardonne pour cette fois, en ajoutant qu'elle est parfaitement consciente de son statut de pute, mais que je dois aussi essayer de la comprendre… Pour finir je lui déclare que c'est bien grâce à son travail que j'ai pu la rencontrer et connaître ce bonheur inespéré, donc je comprends très bien (et j'ai moi-même été gigolo)… Je n'ai plus qu'à trouver les moyens de la sortir de là (en travaillant moi-même) et à me débarrasser de ma femme. Ma foi, il y a pire comme défis à relever…

Raymond Vergé
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Échange standard (Janvier 2012)

 

Je suis donc retourné au même… gynécée où j'avais embroché une poulette quelques jours auparavant. Cette fois-ci, elle me paraît beaucoup moins appétissante (elle a en plus un petit air tristounet) mais je ne tiens pas à prendre de risques (avec une autre) et comme ce n'est pas une bombe, elle se contente de 700 bahts. Mais, patatras, au moment où je me penche sur elle pour lui murmurer «On y va?» à l'oreille, j'aperçois un top-canon (tout sourires) à un mètre de nous et proche de la perfection et qui me fascine, m'envoûte, m'ensorcèle, me captive, m'hypnotise, m'éblouit et me chaise-électrise instantanément. Dilemme cruellissime. Cupidon se joue de moi, le fourbe.

 

Ne tenant pas à faire perdre la face à la maigrichonne, je maintiens mon invitation et la suis dans l'escalier, la mort dans l'âme. Effeuillage, douche, préliminaires… doux mais ordinaires. Je pense à l'autre mais applique consciencieusement mes bonnes vieilles recettes de cuisine intime. Lorsque la cocotte est prête/à point, je la farcis de ma turgescence. Au bout de quelques minutes, elle porte sa main à son pubis en chuchotant «tchèp!» (bobo) avec une petite moue adéquate. Je percute illico et fais mine de compatir en lui proposant tout de go, bille en tête, jubilant intérieurement: «Je peux prendre une autre fille?». « Mouais, si tu me paies».

 

Je casque, avec gratitude, me rhabille prestement et dévale les marches quatre à quatre. Va, cours, vole et me venge. La naïade est toujours au bord de la piscine. Ma réapparition soudaine la surprend quelque peu, surtout quand je lui propose «On y va?». «Où ça?». «Dans une chambre». «Mais tu viens de monter avec Neung!». «T'en fais pas, je l'ai expédiée mais tout va bien. Je paie la piaule, Ok?».

 

Mon comportement 'affable' la rassure et on se retrouve nus dans la salle-de-bains. Sa plastique est irréprochable, presque trop belle (pour moi et tous ces cochons de Farangs). Ce qui se passe ensuite est prodigieusement fabuleux. Elle me déguste le Petit jésus (saucisson de même composition que la rosette, il se différencie par un hachage plus gros, ainsi qu'un boyau de porc court et large, ndlr) avec une gourmandise exquise, exerçant de ses mandibules la pression délicieusement exacte qui m'entraîne fatalement et inéluctablement dans un semi-coma orgasmique. En pleine agonie, je l'observe de mes yeux pourtant révulsés et mi-clos. Je serre les mâchoires pour ne pas hurler de bonheur, tendu comme un arc au bord de la rupture.

 

A tâtons, comme un aveugle, je suis le contour de son visage, effleure et cajole le frais cartilage de ses pavillons auriculaires, frémis au contact de ses cheveux de soie et, en pleine pamoison digitale, m'attarde sur le ruban velouté de sa nuque. Après m'avoir longuement et méthodiquement infligé ces tortures insoutenables, elle dresse le col et me demande «Condom?», son adorable frimousse rayonnant d'un petit air malicieux.

 

«Attends, tu ne vas pas t'en tirer comme ça, ma vengeance va être terrible» et je la retourne. Elle s'allonge à ma place et s'offre docilement en pâture à ma lippe friande. Je lui communique ma transe et elle se met à psalmodier de sibyllines incantations, bénissant ma tonsure de moine d'une main encourageante.

 

De temps en temps, de mon mufle enivré, je survole en… rase-mottes la face interne de ses cuisses pour ensuite mieux revenir explorer son sanctuaire et entrouvrir le mystérieux tabernacle contenant le ciboire qui renferme l'essence de sa féminité. «Arrête, j'ai déjà joui deux fois, ça ne m'est jamais arrivé!». Je suis en même temps comblé et déçu, car loin d'être rassasié.

 

Mais le temps passe. J'abdique et m'étale sur le dos, lui signifiant ma soumission. Pour s'assurer de ma «rigor animalis», elle ravigote mon sceptre d'airain en l'avalant goulûment. Je m'abandonne à son rituel, bâillonnant ma souffrance, protestant d'un râle étouffé. Elle me pose le capuchon et le déroule de ses lèvres expertes. Me voilà pourvu d'une armure de latex, prêt à donner la charge.

 

Mais c'est elle qui déclenche les hostilités en m'imposant son siège plantureux, sans me laisser le choix des armes. Elle tangue, roule et virevolte, tout en me gardant bien ancré dans son fondement. De face, de profil, de dos, elle me présente toutes ses facettes d'amazone au galop.

 

«Bon, chacun son tour, à toi!» me lance-t-elle, avant de démonter et de s'affaler sur la couche. Elle me guide vers elle en m'agrippant fermement. Avec une puissance toute en retenue (merci Kamagra!), je la pourfends langoureusement. Ses jambes sont relevées, je la tiens par les chevilles, suspendu dans le temps et dans l'espace. Vue d'en haut, elle est méconnaissable, comme transfigurée, grimaçant et gémissant. J'ai la sensation d'être un métal en fusion épousant la forme d'un creuset idoine (pour ne pas dire «ad hoc»). Cela dure une éternité.

 

Elle m'avait averti d'emblée «Une demi-heure pas plus, mes copines m'attendent pour aller au marché». Nous avons dépassé une heure, gaillardement, allègrement, oublieux des contraintes. Maintenant, j'abaisse ses jambes parfaitement fuselées pour les rapprocher et les resserrer sur mon axe coulissant, et afin de mieux comprimer son moyeu, je les enserre avec les miennes. Nous sommes parfaitement soudés, nonobstant ces petits élans du bassin qui attisent la chaudière. Elle exulte: «Ca fait trois, j'en peux plus!».

 

Alors, forçant un peu sur mon mental et mes mollets tétanisés, j'explose en hurlant, comme un animal foudroyé en pleine course, haletant, ahanant, le cœur affolé et menaçant de briser sa cage. Essoufflé, épuisé, je finis par reprendre un rythme apaisé. Plus tard, sans se précipiter, elle me désincarcère en retirant adroitement la gaine élastique. Je roule sur le côté, abasourdi, à moitié hébété. Respectant le choc postopératoire de son «patient», elle s'absente pour quelques ablutions. Je la rejoins en titubant, encore sur un nuage ouateux. Elle achève de me ressusciter par une douche sommaire mais salutaire. Lorsque nous sortons après une dernière accolade, ses collègues rentrent du marché. « Ca fait rien, j'irai demain. Tu reviendras ?». Sans faute…



24/03/2008
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