Chanson débile nº3

J'ai pris une autre route

Longtemps j'ai essayé de suivre vos chemins,
Me pliant à vos règles, en tentant, mais en vain,
De m'ajuster au moule, de prendre vos patins,
Vous aviez le cœur âpre et l'esprit trop chagrin.

Alors j'ai eu les boules, et puis un bon matin...

J'ai pris une autre route, J'ai bifurqué soudain,
Je me suis envolé, sans peur du lendemain
En écartant mes doutes d'un revers de la main.

Vos pensées me dégoûtent, pardonnez mon dédain,
Souffrez donc que je broute l'herbe des chérubins!

J'ai pris une autre route, et puis je vais bon train,
J'ai caressé la voûte du pont gallo-romain.

Je vais coûte que coûte, évitant les ravins,
Loin de vos banqueroutes, sans perdre mon latin
Le soir je m'arc-boute au firmament serein,
Nonchalamment je goûte cette joie qui m'étreint.

J'ai pris une autre route, je gagne du terrain,
J'abhorre vos moumoutes qui paument tous leurs crins.
Fi de vos bras de poulpes et vos encres bon teint
Je vais en avant toutes, par-dessus l'air marin.

Moi j'ai le vent en poupe, je tutoie l'églefin,
Je fais des petits prouts, des pets de séraphin.

J'ai pris une autre route, et sur mon palanquin,
Je mange une choucroute au son du tambourin.

Messieurs les compte-gouttes, cuvez donc votre vin,
Je bois de l'Absolute, coiffé d'un baldaquin,
Je vous empapaoute, transitez à Quiévrain,
Allez à Knokke-le-Zoute saluer les dauphins.

 

J'ai pris une autre route, celle des baladins,
Et là je ne redoute ni le froid ni la faim,
Loin de vos vieilles croûtes de fieffés aigrefins,
Je m'abandonne aux joutes d'aimables paladins.

J'ai pécho des loulouttes aux joyeux coups de reins,
Je poursuis donc ma route, je n'ai besoin de rien…

Raymond Vergé



15/04/2008
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