BUS DE NUIT – BELLE DE JOUR

                C'est marrant la vie. Hier soir, j'ai pris le bus (à Bangkok) qui me ramenait à Pattaya après un rendez-vous professionnel dans la cité des anges (signification de Krung-Thep, nom thaï de Bangkok).

          Départ 21h50. Durée du trajet: moins de deux heures. Avant d'embarquer, mon regard s'est attardé sur une beauté siamoise. Elle avait du chien. Désirable dès le premier coup d'œil. Seulement, elle traînait son marmot de deux ans (toujours au premier coup d'œil), sa vieille maman résignée, et aussi son papa que je n'ai vu qu'après.

          Ils étaient assis près de moi dans le bus. Je regardais de temps en temps cette belle entité et admirais ses profils (la face et le buste), pendant qu'elle caressait de sa douce main le fruit de ses entrailles, royalement assoupi sur les genoux complices et protecteurs des deux femmes, pleines de grâce.

          Elle avait un visage à la fois calme et dur, comme prête au combat. Une œuvre d'art. J'étais presque jaloux de celui qui l'avait engrossée. Et puis je suis rentré chez moi, avec cette légère nostalgie de celles qu'on n'a pas eues.

          Cet après-midi, je suis allé au Welkom Inn (un lupanar sympa): Nâm était là, mon cœur s'est mis à chanter "Le Messie", de Haendel (composé en 1742, mais toujours au top 50): Al-léluia, Alléluia, Allé-é-luia!!

          Quand elle m'a vu, elle m'a simplement murmuré "Paï" (Allons-y), mais tellement bas que c'en était de la télépathie. Il n'y avait plus rien autour de nous, dans ce bar rempli de farangs  rigolards et de filles alanguies. Une communion totale. Nous étions mus par ce même élan, liés par ce lien invisible tissé par le croisement de deux regards qui voient au-delà du réel. 

          Nâm, vingt-deux ans, un visage au sourire sérieux, une silhouette quasi parfaite, deux globes charnus, le ventre plat, la fesse ronde.

          Nous avons dû attendre quelques instants. Toutes les (cinq) chambres étaient prises. Nous avons badiné. Elle m'a raconté que son studio, où je la retrouvais parfois, avait été visité par des cambrioleurs qui avaient emporté pas mal de choses. J'étais fasciné par sa componction. Ces dames-là gardent leur sang tiède. Elle a déménagé. Maintenant, elle habite à deux cents mètres de chez moi... 

          Nous attendions donc que les ébats cessent.

          Et puis, une fille est sortie d'une piaule (avec un client): elle m'a reconnu avant que je ne l'identifie. "Tiens, mais tu étais hier soir dans le bus de Bangkok!!". Opinant du chef, Je me suis incliné sur son passage. C'était Elle.

          Nâm s'est montrée à la hauteur, comme de coutume. Une déesse en robe des champs. Fort savoureuse et... laborieuse. Lors d'une séance précédente, je l'avais régalée d'une langue fourrée, mais cette fois-ci, pas possible: sa fraise était encore toute boursouflée. Trois jours avant, un client l'avait prise en levrette et s'était brusquement engouffré par la porte étroite. Elle était vierge de ce côté-là. 72 heures sans pouvoir travailler. Tu parles d'un manque à gagner!! Les risques du métier... J'irai la consoler à nouveau.

          En sortant, j'ai dit à ma belle passagère de la veille: "Krang nà". La prochaine fois. Rendez-vous hypothétique avec une apparition!! J'adore Pattaya.

Raymond Vergé

VOIR UNE VIDEO SUR LA PROSTITUTION A BANGKOK (DAILYMOTION):

http://www.dailymotion.com/video/x3rw5o_bourlingueur_travel



22/03/2008
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