2001, LES YEUX DANS LES YEUX

                       Selon un calendrier grégorien tout à fait arbitraire (et qui ne sert que de vague repère historique), nous [Occidentaux et assimilés] sommes donc entrés dans le troisième millénaire, en parfait décalage avec les bouddhistes, musulmans, juifs, hindous et autres paroissiens, mais aussi en étroite symbiose avec nos congénères embarqués dans la même galère.


        A ce propos, l'image de l'orchestre du Titanic continuant de jouer jusqu'au bouillon final pourrait désormais paraître moins surréaliste qu'en 1912. Nous savons bien "au fond" que le navire fait eau de toutes parts et que, lentement mais sûrement, il est entraîné par [et dans] un tourbillon effroyable, un maelström apocalyptique, une spirale infernale. Pourtant, "Haut les cœurs!", nous poursuivons gaiement sur l'air de "Mais à part ça, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien"...

                        Revenons-en au calendrier: en latin, cela voulait dire "livre d'échéances, registre de dettes", basé sur le mot "calendae" qui désignait le premier jour du mois romain où se… réglaient les comptes.

                        Or, nous sommes déjà en retard de plusieurs échéances, et elles s'affichent non pas en mensualités mais en dizaines d'années. Le siècle dernier (vingtième du nom) a été plutôt dévastateur, aussi bien humainement qu'écologiquement. "On" nous a donné la terre en partage et un tel privilège impose une responsabilité (collective et individuelle), ce qui suppose des contraintes, donc un devoir, c'est-à-dire un "dû".


                        Quand il s'agit de casquer la douloureuse, i.e. avoir le respect minimum que nous devons à la planète, nous sommes apparemment de fort mauvais débiteurs, et à force de remettre notre dette aux "calendes grecques" (qui n'existaient pas, NDLR), nous pourrions très bien un jour nous retrouver dépossédés de ce "Jardin d'Éden" (qui est déjà en état de décomposition avancée, avec des signes cliniques évidents).


                        Bon, qu'on se rassure, nous peut-être pas, mais nos petits ou arrière-petits-enfants sûrement, et leur progéniture, n'en parlons pas!! Bonjour l'héritage laissé aux futures générations, et en attendant, on préfère regarder ailleurs, aux confins de la galaxie ou très loin dans le passé grâce a l'ADN ("Acide DésoxyriboNucléique", formule magique mais imprononçable), sur le Net et dans les mondes virtuels, enfin tout sauf la triste réalité qui nous nargue juste en face, ici et maintenant, les yeux dans les yeux… Joyeux millénaire quand même et… faites chauffer la marmite!

Raymond Vergé



24/06/2008
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