L'affaire du sein de Janet Jackson
Point de vue - Images du Nouveau Monde

Décidément,
Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673), était un bien plus grand
visionnaire que l’on ne pensait. Dans sa pièce Le Tartuffe (qui ne fut
autorisée qu'en 1669, les deux premières versions ayant été interdites en 1664
et 1667!), il fait dire à son personnage la célébrissime réplique «Couvrez ce
sein que je ne saurais voir!». C’est exactement ce que l’Amérique entière a
déclaré le 1er février lors de la mi-temps, pendant la retransmission
en direct du Super Bowl où près de 100 millions de téléspectateurs ont eu le
privilège d’admirer la mamelle furtive (et ornée d’un piercing) de Janet Jackson
(Plus de deux cent mille plaintes comptabilisées!).
Voici, pour mémoire,
les titres de certains articles de l’AFP, publiés entre le 2 et le 11 février 2004:
- Embarras autour d'un sein dévoilé de Janet Jackson, - Le sein droit
de Janet Jackson affole l'Amérique, - Janet Jackson s'excuse pour un
sein nu en ‘prime time’ à la télévision, - Les Oscars en différé à la
télé américaine à cause du sein de Janet, - Janet Jackson pourrait ne
pas se rendre aux Grammy Awards, - Le sein de Janet Jackson pulvérise
(sic) le 11 septembre pour les recherches Web, - Janet Jackson écartée
de la présentation des Grammys à cause de son sein, - Sein nu de Janet
Jackson: un Américain porte plainte et espère être indemnisé, - L'affaire
du sein dénudé de Janet Jackson porté devant le Congrès américain… Une
véritable déferlante médiatico-onaniste! Et, à noter, ce titre sans doute
involontairement ambigu du Journal de Montréal (03/02/2004): L’Amérique
ébranlée par un sein…
En jaillissant
de sous son bonnet de cuir noir, cet espiègle nibar (qui s’est donc fait… la
belle!) a voluptueusement et définitivement pénétré (violé ?) le
‘conscient’ collectif étasunien, ce qui
nous ramène directement aux ‘Métamorphoses et symboles de la libido’ (1912) du
vénérable Carl Gustav Jung (alors que par ailleurs, le moindre vidéo-clip d’MTV
comporte des scènes d’un érotisme torride!).
Non mais, quelle
pantalonnade (sic) que ce bustier déchiré! Une aussi douce apparition provoquant
une telle névrose psychotique révèle un manque flagrant de maturité
(sexuelle, du moins) chez nos cousins américains (mais ne pleure pas Janet,
dans certains pays ‘du sud’, tu aurais été lapidée !). On avait déjà pu en
juger, et rigoler, avec notre bel esprit gaulois, lors de l’affaire Monica Lewinsky
(ce non-évènement!). L'affaire fait presque autant de bruit que le fougueux
baiser sur la bouche échangé, en août dernier, par les chanteuses Madonna et
Britney Spears lors des MTV Video Awards.
C’est là que
l’on constate qu’il n’y a pas que l’Atlantique qui nous sépare de l’Amérique
puritaine. Rappelez-vous, il y a 8 ans, les obsèques de François Mitterrand
auxquelles ont pu dignement assister (d’un commun accord) son épouse, son
ancienne maîtresse et sa fille ‘naturelle’, une situation encore inconcevable
aux États-unis. D’ailleurs, jusqu’au bout, la presse hexagonale avait
respectueusement ‘préservé’ l’existence de Mazarine, alors que Bill Clinton a
bien failli être destitué (par la Cour Suprême!) pour une simple gâterie
extra-conjuguale.
Et comme l’a dit
un autre grand visionnaire (Shakespeare, en 1600) : «Much Ado About
Nothing! (Beaucoup de bruit pour rien)». Seulement c’est aussi là que se vérifie
la boutade lancée dans les années 1960 par le professeur Edward Lorenz (éminent
météorologue du ‘Massachusetts Institute of Technology’) et remise à la mode il
y a quelques années : est-ce qu'un battement d'ailes de papillon au
Brésil peut provoquer une tornade au Texas? Oui, car on voit bien que la simple
pulsation d’un galbe pectoral déclenche une crise massive de tachycardie au
niveau national. Palpitant, non ?! Bon d’accord, on sait bien que là-bas le
Super Bowl est le spectacle grand public et familial par excellence, mais alors
pourquoi l’irruption d’un streaker (i.e. un ‘aficionado’ qui se met à courir nu,
ou presque nu, sur le stade pendant un match) n’a-t-elle suscité que quelques
rictus? (En y regardant bien, les fesses poilues d’un homme, c’est moins appétissant,
je vous l’accorde!). Ce zygoto mâle s’est exhibé en pleine connaissance de
cause, mais la question qui taraude (sic) les WASP (mot qui veut d’abord dire
‘guêpe’ mais qui est l’abréviation de ‘White Anglo-Saxon Protestant’, i.e. les membres
de l'élite des blancs protestants d'origine anglo-saxonne), c’est : «Janet
et Justin l’ont-ils fait délibérément ou est-ce un accident vestimentaire» ?
Sans oublier que le procès (pour… comportement indécent) d’un certain Michael Jackson
est toujours en cours d’instruction…
En même temps,
outre le téton rebelle, ce qui a littéralement accroché le regard du spectateur
lambda, c’est l’accessoire décoratif métallique posé autour, un enjoliveur de
mamelon en forme de soleil (ce qui a d’ailleurs laissé croire à certains qu’il
était là pour être montré!).
Selon le témoignage
de plusieurs professionnels (tatoueurs, scarificateurs et autres perceurs de
derme) américains, depuis le ‘nipplegate’, les bijoux du même genre se vendent
comme des petits pains, de 30 à 100 dollars pièce, dans tous le pays. Et les
commandes explosent sur l’Internet. Voilà un formidable coup de pub pour le
moins inattendu! Par contre, la chaîne de télévision CBS et le producteur MTV
risquent bien d’en faire les frais et que de remises en question pour les
hautes instances médiatiques! Citons une autre boutade célèbre, celle de Blaise
Pascal (1623-1662, exact contemporain de Molière!): «Si le nez de Cléopâtre eût
été plus court, la face du monde en eût été changée». A un tout autre niveau, nous
pouvons désormais considérer que le sein de Janet Jackson devrait profondément
modifier le paysage audiovisuel américain…
[Raymond
Vergé]
Sein de Janet Jackson: la
chaîne CBS remporte une bataille judiciaire
NEW YORK (AFP) - 21/07/2008 17h02

L'exhibition d'un sein par la chanteuse Janet
Jackson sur la chaîne CBS en 2004, à une heure de grande écoute, ne justifie
pas l'amende d'un demi-million de dollars requise par l'autorité fédérale de
régulation des médias aux Etats-Unis, a décidé lundi la justice américaine.
Plus de quatre ans après l'incident, trois juges
d'un tribunal fédéral de Philadelphie, en Pennsylvanie (est), ont annulé l'ammende
de 550.000 dollars infligée en septembre 2004 à la chaîne américaine par la
Commission fédérale des Communications (FCC).
"La FCC ne peut pas infliger une amende à la
chaîne CBS en tant que responsable des agissements de Janet Jackson", a
jugé le tribunal.
L'apparition de ce sein nu pendant quelques
secondes à la télévision avait suscité un grand émoi aux Etats-Unis en février 2004,
alors que le Super Bowl, la finale du championnat de football américain, était
regardé par quelque 90 millions de téléspectateurs.
Les juges ont considéré que la décision de la FCC
était "arbitraire et capricieuse", concernant une image d'à peine
quelques secondes et que la chaîne n'avait évidemment pas pu empêcher.
"Montrer une scène indécente prévue dans un
scénario ou un programme enregistré aurait démontré une culpabilité", ont
expliqué les juges, en indiquant que cela n'avait pas été le cas sur CBS, dont
le programme était diffusé en direct.
Légende photo: Janet Jackson et Justin Timberlake,
le 1er février 2004 lors du Super Bowl
Publié le 21/11/2008 01:20 - Modifié
le 21/11/2008 à 09:48 |
© 2008 AFP
L'affaire du sein de Janet
Jackson remonte à la Cour suprême
Le gouvernement a saisi la Cour suprême des Etats-Unis
pour qu'elle rétablisse une amende d'un demi-million de dollars contre la
chaîne CBS pour la diffusion en direct d'images du sein nu de Janet Jackson en 2004,
selon des documents judiciaires que l'AFP s'est procuré jeudi.
La plus haute juridiction du pays doit maintenant
décider si elle accepte de se saisir de cette requête.
Le gouvernement américain demande aux neuf sages
de trancher dans cette affaire qui avait provoqué un vif émoi dans le pays. A
une heure de grande écoute était apparu pendant quelques secondes le sein nu de
la chanteuse lors de la finale du Super Bowl, le championnat de football
américain, regardé par quelque 90 millions de téléspectateurs.
La commission fédérale de régulation des
communications (FCC), qui n'a autorité que sur les chaînes de télévision non
câblées et les radios, avait requis contre CBS une amende de 550.000 dollars.
Mais après trois années de bataille judiciaire, une
cour d'appel fédérale de Philadelphie (Pennsylvanie, est) a annulé l'amende en
juillet car la chaîne ne pouvait être considérée comme responsable des
agissements de Janet Jackson.
Dans sa requête devant la Cour suprême, le
gouvernement, au nom de son agence fédérale, conteste cette décision en appel
selon laquelle la FCC a pris une décision "arbitraire et capricieuse".
Le gouvernement estime en effet que la diffusion de cette "nudité publique"
la plus largement diffusée "dans l'histoire de la télévision (...) tombe
sous le coup des interdictions fédérales en matière d'indécence".
La Cour suprême s'était saisie l'an dernier d'un
cas parallèle, qu'elle a examiné début novembre, à savoir si la FCC peut
sanctionner une chaîne de télévision ou une radio au premier mot grossier
prononcé en direct, au nom de la décence.
Légende photo: Janet Jackson et Justin Timberlake
lors de la finale du Super Bowl, le championnat de football américain, le 1er
février 2004 à Houston
Donald
Miralle AFP/Getty Images/Archives


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